Le Wôyô ou l'Académie Zougloutique

Publié le par La Gova

Considéré à juste titre comme la base du zouglou, le wôyô que je considère comme étant l’Académie zougloutique, gagne de plus en plus de terrain ces derniers temps. Des salopards à Lato Crespino en passant par magic system, mêlêkê, Dezy, yodé + siro… tous ont à l’époque, muni d’un tambour ou d’un grelot, animer des rencontres sportives ou des cérémonies funéraires. Les principes (solidarité, partage) et la discipline de base (respect des ainés et de la hiérarchie, ponctualité, etc.) s’acquiert dans le wôyô. Une véritable école où l’on choisit sa gamme, son instrument, où l’on écrit son zouglou. On y apprend l’humour, la danse, l’impro, l’expression du visage. Quelqu’un me disait une fois : « un bon artiste zouglou doit savoir faire rire, faire pleurer, et faire danser ». Et cela, c’est à l’école du wôyô que ca s’apprend. C’est aussi quelques tournées de gbêlê ou des tas de grosses bières après la récolte de quelques jetons. En espérant le champagne et les vrais billets après la sortie puis le succès d’un album. C’est la galère, l’école de la vie et donc une des principales sources d’inspiration des artistes zouglou. Ces jeunes gens avec des tam-tams et des grelots ne sont pas des vagabonds. Ce sont des artistes à part entière que je respecte beaucoup.

Je tiens à saluer tous ces jeunes qui maintiennent toujours haut le flambeau de ce mouvement.  D’abobo à Marcory en passant par yop et adjamé. A abobo je salue koko hilaire (qui vient de faire paraître son dernier album), kangah le vilain (l’un des meilleurs percussionnistes du moment), érico et you lélé. A Koumassi je pense à Evince, Louizo, Vetcho… salut à Ange, boilia et mory de super choc à marcory. A adjamé respect à Zela, Serge, Lopez, Ziri. Et enfin à yop, le groupe « sans façon » composé de prince, seba, charlot et pénin. La vulgarisation du wôyô dans les bars que nous avons entrepris n’aurait jamais pu se faire sans tous ces groupes et sans leurs ainés. Ces artistes en herbe qui pour la plupart ont déjà un album fin prêt ont besoin de notre soutien. Le marché du zouglou n’étant pas rentable à cause de la piraterie, difficile pour certains d’entre eux de trouver un producteur puis d’espérer enregistrer un album. Moi je propose 3 solutions pour permettre à ces jeunes gens de pouvoir s’affirmer :

-       Se produire davantage dans les maquis, bar et autres endroits de divertissement d’abidjan. Cela permettra dans 1 premier temps aux artistes de vivre de leurs instruments et de se faire des contacts ;

-          On pensera aussi à réduire les couts de production des albums en supprimant certains maillon de la chaine. Par exemple, L’album « premier gaou » à couté au maximum 5 millions. La réalisation d’un album de 12 titres de qualité similaire coutera aujourd’hui environ le double. Difficile pour les producteurs de casser la tirelire à cause de la piraterie

-          Trouver des sponsors pour que le wôyô puisse s’exprimer en grand format (palais de la culture, complexe de yop, etc). Si les humoristes le font, il n’y a pas de raison que le zouglou n’y arrive pas.

Bon vent au wôyô.

Publié dans Mon avis

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