"N'importe Quoi à Awa" ou "N'importe quoi Awards"

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Il y a quelques semaines, des hommes et femmes publics ont été traité de gaou, laid, nul par une radio privée à Abidjan. Les plus « chanceux » ou amis des initiateurs du sondage se sont vu loger dans les catégories des plus élégants, plus beau, plus sexy. Pour plaisanter selon ce que j’aurais ouï dire. Mais surtout pour faire comme « chez les blancs ». L’exemple du ballon de plombs a même été pris. Oubliant que chez ces mêmes blancs, environ une cinquantaine de trophées pour promouvoir l’excellence est décernée chaque année. Chaque corporation bénéficie d’une cérémonie prestigieuse pendant laquelle les meilleurs sont récompensés, célébrés. Les blancs n’oublient pas non plus de publier les critères de sélection/choix et surtout leurs sources et leurs différentes statistiques (institut de sondage, nombre d’avis favorable/défavorable, sexe, tranche d’âge, etc.) quand il s’agit de traduire le sentiment de l’opinion public sur un sujet sensible. De mémoire, il n’a jamais existé de catégorie du PLUS LAID chez les blancs. Le Ballon de Plombs par exemple, qui est la réplique du Ballon d’Or, critique les joueurs dont les performances ont été en baisse pendant une saison. Le Ballon de plombs n’est pas décerné au plus vilain, au plus nul. Les blancs critiquent donc la compétence, la valeur intrinsèque pour favoriser l’amélioration. Pour rappel aussi, une grande radio comme NRJ récompense depuis bientôt 10 ans des artistes musiciens dans diverses catégories. Pour info, un des artistes désigné comme étant le plus vilain à Abidjan fait partie d’un groupe nominé à la dernière édition des NRJ music awards, Magic system.

A mon avis, « n’importe quoi awards » n’aurait pas dû franchir les limites du studio d’où il est parti. Le plus vilain poète, le plus beau footballeur, on en discute au maquis autour d’un verre avec un peu de soukouya, juste pour alimenter la causerie et rire entre potes. On peut aussi en parler au garba juste avant d’écraser un cube maggi sur l’attiéké. Mais le soumettre par vote à l’opinion publique et le publier par la suite, je trouve ça déplacé. Dans un monde ou l’information est speed et accessible à tous. Imaginez par exemple ce que subira à l’école, au boulot ou ailleurs, l’enfant, le conjoint ou le parent proche de l’artiste, le comédien, le politicien le plus gaou, vilain ou nul.

A mon avis l’environnement s’y prêtait pour que « n’importe quoi awards » attire l’attention de tous. Nous sommes dans un pays où certaines valeurs comme l’excellence et l’intégrité ne sont plus promues, célébrées depuis bien longtemps. Peut-on encore considérer la côte d’ivoire comme étant la plaque tournante du show-biz africain ? Aucune cérémonie prestigieuse de récompense n’existe véritablement. Tout ce qui existe, et vous le savez, c’est une dizaine de concours de beauté. Pour se rincer les yeux et faire tourner les candidates. Villas, voitures, et des millions de f.CFA pour récompenser les plus belles. Rien n’est prévu pour les artistes qui sont obligés de choisir l’exil pour espérer vivre de leur art. Combien de trophées ont-ils déjà été décernés en Côte d’ivoire aux artistes musiciens, arrangeurs, producteurs, comédien, danseurs, poètes, peintres, dramaturges, etc. ? 

Chapeau aux TOP D’OR, aux EBONY, au FICA et à tous ceux qui font ce petit effort pour critiquer, apprécier et récompenser. Cela pourrait stimuler davantage les créateurs des œuvres de l’esprit.

Tant pis pour ceux qui ont choisi de faire n'importe quoi.

 

Publié dans Mon avis

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